CONSEILS & ASTUCES · 6 MIN DE LECTURE
Vecteur ou pixel :
que choisir ?
La question qui revient le plus souvent à l’atelier. La réponse tient en une règle, et elle explique pourquoi on vous réclame toujours vos fichiers sources.

Une image en pixels est une grille de couleurs
Un fichier pixel, qu’on appelle aussi raster, est une grille : des milliers de petits carrés de couleur mis côte à côte. Une photo, une capture d’écran, un scan : tout ça est une grille.
- L’épreuve
- Ouvrez votre fichier et zoomez à 800 %. Si vous voyez des carrés, c’est du pixel, et c’est cette limite-là que vous atteindrez en l’agrandissant.
La conséquence est simple et sans appel : le nombre de carrés est fixé une fois pour toutes. On peut en enlever, jamais en ajouter. Agrandir une image en pixels, c’est étirer la grille, et les carrés finissent par se voir.
En pratique, une image à 300 points par pouce s’imprime correctement jusqu’à environ quatre fois sa taille d’origine. Au-delà, ça se voit. Les formats courants : JPG, PNG, GIF, PSD.
On ne récupère pas de la qualité qui n’a jamais été là. C’est la phrase que nous répétons le plus souvent au téléphone.
Une image vectorielle est une série d’instructions
Un fichier vectoriel ne contient aucune image. Il contient des instructions : un cercle de tel rayon à tel endroit, un trait de telle épaisseur entre ces deux points, cette zone remplie de cette couleur.
- L’épreuve
- Zoomez à 800 % sur ce fichier aussi. Si les bords restent parfaitement nets, c’est du vecteur.
Comme rien n’est figé en carrés, le logiciel redessine tout à la taille demandée. Un logo vectoriel fait deux centimètres sur une carte de visite et quatre mètres sur une façade avec exactement la même netteté, à partir du même fichier.
Autre avantage, moins connu : un vecteur se convertit en pixels quand on veut. L’inverse est bien plus difficile. La vectorisation automatique d’une image complexe donne rarement un résultat exploitable. Les formats courants : AI, EPS, SVG, PDF vectoriel.
Un vecteur descend toujours vers le pixel. Un pixel ne remonte jamais vers le vecteur. C’est pour ça qu’on vous réclame vos sources.

Lequel pour quoi
La règle tient en une phrase : s’il y a de la photo, c’est du pixel ; s’il n’y a que des formes et du texte, c’est du vecteur.
- L’épreuve
- Regardez votre support final. S’il est plus grand qu’une feuille A3, ou s’il passe par une machine qui découpe, grave ou brode : il vous faut du vecteur, sans discussion.
Donc : une photo, une retouche, une illustration peinte, un visuel pour le web ou les réseaux sociaux, c’est du pixel. Un logo, une charte graphique, une signalétique, un marquage textile, une gravure, une découpe adhésive, c’est du vecteur.
Et pour les deux tiers de ce qu’on fabrique à l’atelier, il n’y a pas de choix : la machine a besoin d’un tracé. Une découpeuse suit un chemin, pas une image. Sans vecteur, on ne peut simplement pas produire.
Nous ne demandons pas un fichier vectoriel pour compliquer la vie. Sur une découpeuse, sans tracé, il n’y a rien à découper.
Avec quoi travailler l’un et l’autre
Pour le vecteur : Illustrator est la référence, Affinity Designer fait la même chose pour une fraction du prix et s’achète une fois, CorelDRAW reste très présent dans le dessin technique et l’enseigne. Inkscape est gratuit et suffit pour lire et corriger un fichier.
- L’épreuve
- Demandez à votre prestataire de vous livrer les deux : le fichier source vectoriel, et les exports en pixels dont vous aurez besoin au quotidien. C’est normal, ça se demande, et ça vous appartient.
Pour le pixel : Photoshop pour le travail sérieux, Affinity Photo pour le même travail sans abonnement, et Canva pour tout ce qui est mise en page rapide quand on n’est pas graphiste.
Un dernier point, technique mais utile : ne mettez pas une illustration très détaillée en vectoriel. Au-delà d’un certain nombre de points, le fichier devient lourd et les logiciels rament. À ce moment-là, le pixel redevient le bon choix.
Le jour où vous changez d’agence, ce sont vos sources qui font la différence entre repartir et tout refaire.
