CONSEILS & ASTUCES · 10 MIN DE LECTURE
Marquage textile :
lequel pour quoi ?
Six techniques, six terrains. Ce que chacune tient vraiment, ce qu’elle impose à votre visuel et à votre vêtement, et à partir de combien de pièces elle devient la bonne.

Sérigraphie : la grande série, et les couleurs que les autres ne font pas
Chaque couleur demande son écran. C’est ce qui rend la sérigraphie lourde à lancer et imbattable ensuite : le travail de préparation est fait une fois, l’impression va vite.
- Ce que ça donne
- Une encre posée à plat, dense, qui entre dans la fibre
- Le vrai plus
- Le prix à la pièce s’écroule quand la série grandit
- La limite
- Une couleur par écran, et pas de qualité photo
- À partir de
- 50 pièces en une couleur
Elle garde un terrain que personne ne lui prend : les couleurs que les autres techniques ne savent pas faire. L’or et l’argent, les encres métallisées, les encres spéciales. Sur ces teintes-là, il n’y a pas d’alternative.
En dessous de cinquante pièces en une couleur, le calcul ne tient plus. Au-delà, et surtout en grande série, elle reste la moins chère du marché.
La sérigraphie n’a pas dit son dernier mot. Sur une grande série, et sur un or ou un argent, rien ne la remplace.
Broderie : la plus durable, facturée au point
La broderie ne se facture ni à la couleur ni à la surface, mais au nombre de points. Et le nombre de points change selon la matière brodée : un maillage serré ne se pique pas comme une polaire.
- Ce que ça donne
- Du fil cousu dans le vêtement, en relief
- Le vrai plus
- Elle tient plus longtemps que le vêtement lui-même
- La limite
- Les traits fins disparaissent, pas de dégradé
- À partir de
- 50 pièces, ou un petit motif
S’ajoutent les frais de machine, ce qui rend la broderie intéressante sur les petits motifs, où le nombre de points reste bas, et sur les séries d’au moins cinquante pièces, où ces frais se répartissent.
Une alternative que nous recommandons souvent : l’écusson thermocollant. On le pose sur ce qu’on veut, il coûte moins cher, il se conserve, et on peut en refaire les années suivantes sans repayer la mise en route.
Quand la broderie directe coûte trop cher, l’écusson thermocollant fait le même effet et se garde d’une année sur l’autre. C’est le conseil qu’on donne le plus souvent.

Flex : on s’en sert de moins en moins, sauf pour les effets
Le flex a longtemps été la solution des petites séries. Il l’est de moins en moins, et il faut le dire franchement : les impressions sur flex partent, la matière finit par se craqueler, et l’échenillage, le retrait à la main de tout ce qui n’est pas le motif, prend un temps considérable.
- Ce que ça donne
- Une matière souple découpée puis pressée à chaud
- Le vrai plus
- Les effets que rien d’autre ne fait : bouffant, métallisé
- La limite
- Se craquelle avec le temps, beaucoup d’échenillage
- À partir de
- 1 pièce
Il garde pourtant un terrain à lui : les finitions spéciales. Le bouffant, qui gonfle à la presse, les métallisés, les effets que ni le DTF ni la sérigraphie ne reproduisent. Là, il reste irremplaçable.
Pour un nom et un numéro dans le dos, une pièce unique ou un lettrage simple, il fait toujours le travail. Pour un visuel complet, on regarde ailleurs.
On sort encore le flex pour un effet qu’on ne peut pas obtenir autrement. Plus pour un visuel ordinaire.
DTG : la finesse, au prix d’une machine exigeante
Le DTG imprime directement sur le textile, comme une imprimante sur du papier. La tenue est bonne, les couleurs sont belles, et c’est l’une des deux techniques qui descendent le plus finement dans le détail.
- Ce que ça donne
- De l’encre imprimée directement sur le vêtement
- Le vrai plus
- La finesse d’impression, avec le DTG on descend très bas
- La limite
- Traitement obligatoire sur les foncés, machines lourdes à entretenir
- À partir de
- Souvent une quantité minimale imposée
Sur un vêtement foncé, il faut d’abord poser un traitement, ce qui ajoute une étape et du coût. Et les machines demandent un entretien considérable : têtes, circuits, encres qui sèchent. Cet entretien se retrouve forcément dans le prix à la pièce.
C’est pour ça qu’on trouve souvent des quantités minimales imposées chez ceux qui en font : la machine doit tourner.
Le DTG imprime magnifiquement. C’est la machine derrière qui décide si le prix reste raisonnable.
DTF : le champion toutes catégories aujourd’hui
En dessous de cent pièces, il n’y a pas de débat : le DTF est la solution la plus économique, et de loin. Photos, dégradés, dizaines de couleurs, tout passe sans supplément.
- Ce que ça donne
- Un visuel imprimé sur film, transféré à chaud
- Le vrai plus
- Qualité photo, couleurs vives, aucun surcoût par couleur
- La limite
- La colle limite la finesse du détail
- À partir de
- 1 pièce
Au-delà, ça dépend du nombre de couleurs et de la qualité visée. La sérigraphie reste moins chère sur les très grandes séries, mais on y perd la qualité photo. Sur une grande série qui demande cette qualité, DTF et DTG se partagent le terrain.
Et le DTF gagne la course pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le rendu : peu d’entretien, grande fiabilité, facilité d’utilisation, et la possibilité de préparer les films à l’avance. C’est ce qui en fait l’outil parfait de l’impression à la demande.
Le DTF a gagné parce qu’il tombe rarement en panne et qu’on peut préparer les fichiers d’avance. Le rendu n’a été que la moitié de l’argument.
Sublimation : la plus belle, avec deux conditions non négociables
C’est la plus jolie, la plus éclatante et la plus résistante des six, et l’écart avec les autres n’est pas mince. Le marquage ne se sent pas au toucher et ne s’use pratiquement pas.
- Ce que ça donne
- Une encre qui devient gaz et se fixe dans la fibre
- Le vrai plus
- Couleurs les plus éclatantes, tenue sans équivalent
- La limite
- Polyester uniquement, et sur du blanc
- À partir de
- 1 pièce
Deux conditions, et elles ne se contournent pas. Le textile doit être en polyester, et il doit être blanc. C’est la chimie du procédé, pas une question de réglage.
Si vous voulez un vêtement noir ou coloré en sublimation, il faut passer par le full printing : imprimer les panneaux du vêtement avant de le coudre. C’est possible, c’est plus cher, et ça se prévoit très en amont.
Sur un polyester blanc, aucune technique ne rivalise avec la sublimation. En dehors de ça, elle ne joue pas.
Jusqu’où on peut descendre dans le détail
Chaque technique a sa limite physique, et elle ne vient pas du fichier. Pour la sérigraphie, c’est la maille de l’écran. Pour le flex, la finesse de découpe et ce qu’on arrive à écheniller à la main. Pour le DTF, la colle qui doit accrocher. Pour la broderie, l’épaisseur du fil.
- L’épreuve
- Repérez le trait le plus fin de votre visuel et demandez s’il passera dans la technique choisie. La réponse dépend autant du vêtement que de la machine.
Et pour toutes, il y a une limite commune qu’on oublie : la maille du textile lui-même. Un trait plus fin que la trame se perd dans le tissu, quelle que soit la machine.
Les deux qui descendent le plus bas sont le DTG et, très loin devant, la sublimation. Si votre visuel a du détail fin et que le vêtement le permet, c’est de ce côté qu’il faut regarder.
La limite n’est presque jamais le fichier. C’est la maille du tissu, et personne ne peut rien contre elle.
