ACTU · 6 MIN DE LECTURE
L’accessibilité n’est plus
une option.
Depuis juin 2025, une partie des sites doit être utilisable par tous, sous peine d’amende. Qui est concerné, ce que ça change concrètement, et par où commencer sans tout refaire.

Depuis juin 2025, l’accessibilité numérique est une obligation
La directive européenne sur l’accessibilité, l’European Accessibility Act, est entrée en application le 28 juin 2025. Elle impose que les services numériques soient utilisables par les personnes en situation de handicap, et ce n’est plus une recommandation.
- L’épreuve
- Deux questions : est-ce que je vends en ligne à des particuliers, et est-ce que je dépasse dix salariés ou deux millions de chiffre d’affaires ? Deux oui, vous êtes concerné.
Sont visés les services vendus aux particuliers : le commerce en ligne, les services bancaires, les transports, les livres numériques, l’audiovisuel, les télécommunications. Si vous vendez en ligne à des particuliers, vous êtes dans le périmètre.
Les entreprises de moins de dix salariés réalisant moins de deux millions d’euros de chiffre d’affaires en sont exemptées. Beaucoup de nos clients le sont, et c’est une bonne nouvelle. Mais beaucoup ne le sont pas, et ne le savent pas.
Le seuil est bas. Une boutique en ligne de douze personnes est concernée, et elle ne l’apprendra probablement pas par son prestataire.
Ce que vous risquez concrètement
Les amendes prévues vont de sept mille cinq cents euros pour un manquement simple, jusqu’à des astreintes de trois mille euros par jour, plafonnées à trois cent mille euros, tant que la mise en conformité n’est pas faite.
- L’épreuve
- Demandez-vous combien de personnes ont abandonné votre panier sans que vous sachiez pourquoi. Une partie d’entre elles n’a peut-être pas pu aller au bout.
Ce sont des montants qui font réagir, mais ce n’est pas le vrai sujet. Le vrai sujet, c’est qu’un contrôle arrive presque toujours après un signalement, et qu’un signalement vient d’un client qui n’a pas pu acheter chez vous.
Autrement dit : le jour où ça vous coûte une amende, ça vous coûtait déjà des ventes depuis longtemps.
Une amende, ça se voit. Les commandes qu’on n’a pas pu passer chez vous, non. Ce sont pourtant les mêmes causes.
Ce que ça change vraiment sur un site
L’accessibilité n’est pas une couche qu’on ajoute à la fin. C’est une façon de construire, et l’essentiel tient dans des choses simples qu’on aurait dû faire de toute façon.
- L’épreuve
- Rangez votre souris et parcourez votre site à la touche tabulation. Si vous perdez le fil, ou si vous ne voyez pas où vous êtes, votre site n’est pas accessible. C’est le test le plus rapide qui existe.
Le contraste des textes, d’abord : un gris clair sur blanc est illisible pour beaucoup de gens, pas seulement pour les malvoyants. Ensuite la navigation au clavier : on doit pouvoir parcourir tout le site sans souris, et voir en permanence où l’on se trouve. Puis les images, qui ont besoin d’une description quand elles portent une information. Les formulaires, dont chaque champ doit avoir une étiquette qui reste visible. Et la structure : des titres dans l’ordre, qui décrivent réellement le contenu.
Rien là-dedans n’est un sacrifice esthétique. Un site accessible est un site mieux construit, et les moteurs de recherche le lisent mieux aussi.
Tout ce que l’accessibilité demande, un site correct le fait déjà. La loi n’a fait que rendre obligatoire ce qui était du travail bien fait.

L’ordre dans lequel s’y prendre
Un audit complet coûte cher et décourage. Commencez plutôt par les trois défauts les plus répandus, qui règlent l’essentiel des cas : les contrastes, la navigation au clavier, et les étiquettes de formulaire.
- L’épreuve
- Faites tester votre site par quelqu’un qui ne l’a jamais vu, sur un téléphone, en plein soleil. Vous découvrirez la moitié des problèmes de contraste en cinq minutes.
Ensuite seulement, occupez-vous des descriptions d’images, de la structure des titres et des éléments interactifs plus complexes. C’est plus long, et ça se traite au fil des mises à jour plutôt qu’en une fois.
Un point de calendrier utile : les contenus publiés après juin 2025 doivent être conformes dès leur publication. Ce qui existait avant bénéficie d’un délai plus long. Autrement dit, tout ce que vous publiez maintenant doit être fait correctement, et le passé peut se rattraper progressivement.
On ne rattrape pas dix ans de site en une semaine. On arrête d’abord d’en rajouter, puis on reprend l’existant au fil de l’eau.
