CONSEILS & ASTUCES · 7 MIN DE LECTURE
5 astuces pour créer
un logo professionnel.
Les règles ne sont pas une affaire de goût : elles viennent de la fabrication. Voilà celles qu’il faut connaître, que vous dessiniez vous-même ou que vous fassiez faire.

Il doit rester lisible à quinze millimètres
Un logo n’est pas une illustration. Il sera gravé sur un stylo, brodé sur une casquette, posé sur une enseigne de trois mètres et affiché en icône de 32 pixels. Le même dessin doit tenir partout.
- L’épreuve
- Imprimez-le sur une feuille à quinze millimètres de large, la taille d’un marquage sur stylo. Si vous ne reconnaissez pas la forme à bout de bras, elle est trop détaillée.
C’est pour ça qu’il se dessine en vectoriel, dans un logiciel comme Illustrator ou Affinity Designer. Un logo en pixels ne s’agrandit pas : passé une certaine taille, il devient flou, et vous ne pourrez pas le faire poser sur un véhicule.
Les logos qu’on nous apporte à graver sont refusés pour cette raison-là neuf fois sur dix. Pas parce qu’ils sont laids : parce qu’ils sont trop détaillés.
Deux couleurs suffisent, et jamais de dégradé
Un logo tient en une ou deux couleurs. Trois ou quatre se défendent quand il y a une raison, mais chaque couleur ajoutée est une contrainte de plus : une sérigraphie, une broderie ou un marquage à chaud se facturent à la couleur.
- L’épreuve
- Comptez ce que votre logo coûte à produire : une couleur de plus, c’est un passage de plus sur la machine, sur chaque objet, pendant des années.
Fuyez les dégradés. Ils sont nés avec le web et ils y restent : en petit, en noir et blanc, en gravure ou en broderie, un dégradé devient une bouillie. Si vous en voulez vraiment un, prévoyez-le comme une variante web, pas comme la version de référence.
Choisissez aussi les couleurs pour ce qu’elles disent, pas pour ce qui se fait cette année. Une palette à la mode donne à votre marque une durée de vie de deux ans.
Une couleur, c’est un passage machine. Deux couleurs sur dix mille objets, ce n’est pas un choix graphique, c’est une ligne de budget.
Il doit exister en noir et blanc avant d’exister en couleur
Dessinez-le en noir sur blanc d’abord. Sans couleur, il ne reste que la forme et les contrastes : si ça tient, tout le reste tiendra. Si ça ne tient pas, la couleur ne fera que masquer le problème.
- L’épreuve
- Passez-le en niveaux de gris, puis en noir et blanc pur, sans gris intermédiaire. Puis inversez-le, blanc sur noir. Les trois versions doivent rester identifiables.
Et vous n’êtes pas toujours maître du support. Un fax, une photocopie, un tampon, une gravure, un marquage sur métal : tout cela est monochrome. Il serait dommage que votre logo y devienne une tache.
Si votre logo disparaît quand on lui retire la couleur, c’est que la couleur portait tout. Ce n’est pas un logo, c’est une image.

Il doit tenir en horizontal comme en vertical
Un logo ne vit pas dans un seul format. Il y a le bandeau d’un site, le carré d’un réseau social, la hauteur d’un kakémono, la vignette d’une facture. Une seule composition ne peut pas bien remplir tout ça.
- L’épreuve
- Posez votre logo dans un carré, puis dans un rectangle deux fois plus large que haut, puis deux fois plus haut que large. S’il y a du vide gênant dans l’un des trois, il manque une variante.
Prévoyez donc les variantes dès la création : une version large, une version haute, une version carrée, et le symbole seul. Ce sont les mêmes éléments, recomposés, pas quatre logos différents.
La baseline, elle, n’est pas obligatoire. Prévoyez une version avec et une version sans : sur un petit support, un slogan illisible vaut moins que pas de slogan du tout.
C’est ce que nous livrons en fin de projet : pas un fichier, mais un jeu de variantes, pour que vous n’ayez jamais à étirer votre logo pour le faire rentrer.

Le symbole et le texte doivent pouvoir se séparer
Un logo se compose en général d’un symbole et du nom de l’entreprise. L’équilibre entre les deux est ce qui lui permet de s’adapter aux supports : on montre l’ensemble quand il y a de la place, le nom seul quand la forme est trop petite.
- L’épreuve
- Cachez le texte de votre logo. Reste-t-il une forme qu’on peut reconnaître ? Puis cachez le symbole. Le nom tient-il debout tout seul ? Les deux réponses doivent être oui.
Un logo uniquement typographique se défend très bien. Un symbole seul, en revanche, est réservé aux marques que tout le monde reconnaît déjà. Si votre nom n’est pas encore connu, un symbole seul ne dit rien à personne.
Et pour la typographie : une police, deux au maximum. Choisissez-en une complète, avec ses graisses et ses italiques : c’est elle qui fera vivre vos mises en page pendant des années.
Le sigle seul se mérite. Tant que votre nom n’est pas dans la tête des gens, il travaille pour vous : laissez-le.
Trois erreurs qui n’ont rien à voir avec le dessin
Le premier piège, c’est de vouloir montrer votre métier. Ce n’est pas parce que vous vendez des voitures qu’il faut une voiture dans votre logo. Un logo représente vos valeurs, pas votre catalogue. Le jour où vous élargissez votre activité, l’illustration devient un boulet.
- L’épreuve
- Montrez trois propositions à cinq personnes de votre clientèle, pas à vos proches. Vos proches vous diront laquelle est jolie. Vos clients vous diront laquelle leur ressemble.
Le deuxième, c’est de viser tout le monde. Un bar à jeux vidéo et un bar à bières traditionnelles ne peuvent pas avoir la même palette. Un logo qui cherche à plaire à tout le monde ne parle à personne. Mieux vaut qu’il parle fort à vos clients.
Le troisième, c’est de suivre la tendance. Les modes graphiques durent deux ans. Une identité se change tous les cinq à dix ans, et elle évolue plus qu’elle ne se refait. Visez l’intemporel, vous ferez des économies.
Un logo qui plaît à tout le monde ne plaît vraiment à personne.
